Lorsque l’on évoque le nom d’Ikea, on visualise immédiatement des couleurs vives et une esthétique moderne. Pourtant, derrière cette image se cache un passé troublé que l’enseigne suédoise commence à reconnaître. Découvrez comment Ikea fait face à son histoire complexe et ce que cela implique pour les victimes de son passé.
Ikea : la chaîne indemnise finalement les victimes
La célèbre enseigne suédoise a fait un pas vers la réparation en annonçant qu’elle versera 6 millions d’euros (soit 70 millions de couronnes) à un fonds national d’aide aux victimes de la République démocratique allemande (RDA). Cette démarche, annoncée mardi dernier, signifie qu’Ikea reconnaît avoir eu recours au travail forcé des prisonniers politiques, exploités dans plusieurs de ses usines au cours des années pertinentes.
Par ailleurs, ce dimanche, le programme *Capital* sur M6 va également couvrir ce sujet sensible. En effet, un article récent du journal *Le Monde* a mis en lumière ce sombre chapitre de l’histoire du groupe. La polémique entourant cette affaire remonte à 12 ans, lorsque la chaîne suédoise SVT a réalisé une enquête approfondie sur le rôle trouble d’Ikea en Allemagne de l’Est. Les investigations se basaient sur des centaines de documents d’archives provenant de la Stasi, la police politique de l’ancienne RDA, révélant que l’entreprise était consciente de l’exploitation des prisonniers politiques.
En outre, la situation a été marquée par un incendie en 1984 dans un magasin Ikea à Wallau. Ce dernier est considéré comme un acte de protestation contre les méthodes de l’entreprise. À l’époque, les dirigeants de l’enseigne avaient déclaré avoir cessé leur collaboration avec des fournisseurs utilisant des détenus. Toutefois, cette version a été remise en question par les différentes récentes révélations.
Une réaction responsable
Les enquêtes de la SVT ont démontré que malgré les déclarations d’Ikea, il était avéré qu’en 1986, des prisonniers politiques est-allemands continuaient de travailler sur le canapé Klippan, un produit emblématique de la marque. De nombreux anciens détenus ont témoigné des abus et des violences qu’ils ont subis en fabriquant les meubles pour l’enseigne. Finalement, en 2012, Ikea a admis que sa direction avait connaissance de ces pratiques, et l’entreprise a pris des mesures pour corriger cette injustice.
« Nous regrettons sincèrement que cela ait eu lieu. »
Ces mots prononcés par Walter Kadnar, le directeur d’Ikea Allemagne, témoignent d’une volonté de faire face à cette réalité, bien que l’argent versé ne puisse jamais effacer les souffrances endurées.
De nombreux élus allemands ont salué cette initiative. Evelyn Zupke, déléguée parlementaire pour les victimes du Parti communiste est-allemand, a déclaré :
« Nous ne pouvons pas défaire ce que les prisonniers ont dû subir dans les prisons de la RDA. Mais nous pouvons leur témoigner du respect aujourd’hui et les soutenir s’ils sont confrontés à des difficultés particulières. »