À l’heure où la consommation durable devient une priorité pour de nombreux consommateurs, les choix de conditionnement des aliments suscitent un véritable intérêt. Entre bocaux en verre et conserves en métal, quelle option est privilégiée sur le marché et quelles en sont les implications pour notre santé et l’environnement ? Décryptons cette dichotomie.
Le verre, un gage de qualité ?
Le bocal en verre est souvent perçu comme un symbole de qualité et de raffinement. Dans l’inconscient collectif, il évoque des saveurs délicates, supérieures à celles des conserves métalliques, renforçant ainsi sa valeur perçue auprès des consommateurs.
« Utiliser le verre est un choix stratégique pour positionner la gamme comme une offre qualitative et gourmande, plus premium. », souligne Emma van Poucke, cheffe de produit chez Vivien Paille.
Cette dernière a récemment lancé une gamme de repas cuisinés en bocaux, jouant sur le packaging pour susciter l’appétit des consommateurs. Le choix d’un contenant transparent permet en effet de mettre en avant la qualité des produits et d’attirer l’œil.
« On voulait un contenant transparent, pour que le consommateur puisse voir le produit, être attiré. »
Un bocal en verre a l’avantage de ne pas cacher son contenu, permettant au consommateur de s’assurer de la qualité de ce qu’il achète. De plus, les implications culturelles et psychologiques reliant le verre à l’artisanat et à la fabrication maison renforcent encore sa réputation.
« Le bocal évoque le fait maison, l’artisanat, alors que la conserve en métal convoque immédiatement l’idée de l’industrie. », déclare Valérie Zeitoun, maîtresse de conférence à l’IAE de Paris.
Conserves en métal ou en verre : un effet placebo ?
L’emballage joue un rôle crucial dans la perception de la qualité des aliments. Selon Gilles Fraysse, directeur de HappyMatch, le choix entre conserve et bocal évoque surtout une question d’image.
« C’est simplement une histoire d’image, mais ça compte ! »
Fraysse illustre ce phénomène par l’exemple des yaourts de la marque Laitière, dont le conditionnement en verre a longtemps été considéré comme un gage de dégustation supérieure. Experimentations montreraient que ‘le conditionnement induit le goût.’
« On faisait goûter le même yaourt dans un pot en plastique et un verre. Systématiquement, le second était jugé meilleur. Le conditionnement induit le goût. »
Conserves ou bocaux : quel format nuit le plus à la planète ?
Pour apprécier l’impact environnemental des deux types de conditionnements, il est essentiel d’évaluer les matériaux utilisés. Tant le fer que le verre requièrent des quantités significatives d’énergie pour leur production, mais le bocal en verre présente un avantage considérable : il est réutilisable.
« C’est ce que fait massivement l’Allemagne. », affirme Céline Barral de chez Bonduelle.
Avec un potentiel de recyclage illimité, le bocal en verre nécessite une production réduite, ce qui représente une option plus respectueuse de l’environnement. D’ailleurs, à partir de mai 2025, une phase d’expérimentation de la consigne pour les bocaux en verre débutera dans plusieurs régions françaises.
En Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Hauts-de-France, les consommateurs seront incités à rapporter leurs bocaux pour récupérer une consigne de 20 à 30 centimes, ouvrant la voie à un recyclage plus efficace et responsable. Ce système s’appliquera également aux bouteilles en verre, marquant ainsi une avancée significative vers une consommation plus circonspecte.