À une époque où l’allaitement est de plus en plus valorisé, les expériences de certaines mères témoignent encore d’un désaccord persistant dans l’espace public. Le cas d’une jeune maman à Nantes, récemment mise à l’écart d’une boutique SNCF pour avoir allaité son bébé, soulève des questions sur le respect du droit à l’allaitement en public. Cette situation illustre une problématique plus vaste concernant l’acceptabilité sociale de ce geste naturel.
Une dissonance au sein d’une boutique SNCF
Le 17 janvier dernier, une trentenaire se rendait dans une boutique SNCF pour allaiter son bébé. Pour elle, cet acte ne devrait susciter que compréhension, car les nourrissons doivent être nourris régulièrement. Dans l’idée de trouver un endroit calme, elle choisit cet espace, pensant que cela conviendrait à son besoin de l’allaitement.
« Il y avait environ sept salariés, quatre clients. Les quatre chaises à disposition étaient vides. », témoigne cette maman, qui exerce la profession de sage-femme.
Une éviction inattendue
Malgré ses intentions, la jeune femme est rapidement interrompue par une agente de la SNCF qui lui signale que l’allaitement est proscrit dans cet espace commercial. À sa grande surprise, la hiérarchie de l’employée lui demande alors de quitter les lieux.
« Vous ne pouvez pas faire ça ici, il faut que vous partiez. », ont déclaré les représentants de la SNCF.
Accompagnée vers la sortie, cette mère ne reçoit aucune suggestion pour poursuivre son allaitement dans un autre endroit, ce qui la laisse bouleversée et déconcertée.
« Je me suis mise à pleurer en remettant mon bébé dans la poussette. », confie-t-elle à Ouest-France.
Une réponse de la SNCF
Après cet incident éprouvant, la jeune maman trouve refuge dans le café de la gare. Elle partage son expérience avec une autre agente de la SNCF, qui décide de faire remonter l’information à sa hiérarchie. Suite à cet échange, la société ferroviaire a adressé des excuses à cette cliente, lui signifiant qu’une enquête interne était en cours.
« Une recherche interne a été lancée afin de déterminer avec précision et comprendre ce qui a abouti à cette situation. »
La SNCF précise qu’il n’existe pas de règlement spécifique concernant l’allaitement dans ses locaux, les règles générales de l’espace public s’appliquant. En effet, la loi française ne prohibe pas les femmes souhaitant allaiter en public, les mères étant donc dans leur droit.
Vers une protection législative accrue ?
Les mésaventures vécues par les mères allaitantes dans des établissements publics comme des commerces et des restaurants ne sont pas isolées. Face à cette situation, plusieurs collectifs et élus ont tenté de faire évoluer la législation afin de protéger ce droit. En 2021, une proposition de loi visait à instaurer un délit d’entrave à l’allaitement, passible d’une amende de 1 500 euros, tout en précisant que l’allaitement en public ne constituerait pas une infraction en France. Cependant, cette initiative n’a jamais été soumise au vote.
Deux ans plus tard, un nouvel projet de loi a émergé, cherchant à protéger et sensibiliser la population à l’allaitement maternel. À ce jour, ces initiatives restent sans suite.