Le choix de vieillir chez soi est de plus en plus prisé par les seniors, malgré le coût élevé que cela implique. Après avoir fait l’objet de plusieurs polémiques, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont souvent redoutés. Une étude récente met en lumière les défis financiers associés à cette option de vie, ainsi que des conseils pour mieux s’organiser.
Vieillir chez soi coûte plus cher qu’avant
Entre 2020 et 2024, les coûts liés au maintien à domicile ont connu une hausse significative de 20,84 %, alors que l’inflation générale n’était que de 14,80 %. Cette augmentation peut s’expliquer par différents facteurs économiques, notamment les crises sanitaires et géopolitiques qui ont impacté le marché.
« Les crises successives comme le Covid et la guerre en Ukraine, combinées à l’inflation, ont contribué à ces hausses importantes », explique Benjamin Zimmer, directeur de Silver Alliance.
Le coût mensuel prévu pour vieillir à domicile varie considérablement selon l’âge :
- Pour les 65 à 75 ans : 704 euros par mois.
- Pour les 75 à 85 ans : 912 euros par mois.
- Après 85 ans : 2 165 euros par mois.
En comparaison, le coût moyen d’une résidence en Ehpad s’élève à 2 310 euros par mois, selon la CNSA (Caisse nationale de solidarité et d’autonomie).
Les postes de dépenses les plus lourds
Plusieurs postes de dépenses ont particulièrement augmenté en 2023, rendant le budget des seniors de plus en plus serré :
- Mutuelle : Les complémentaires santé ont augmenté leurs tarifs de 9 % en raison de la réduction des remboursements par l’Assurance maladie.
- Services à la personne : Les tensions sur le marché de l’emploi et les augmentations successives du SMIC ont entraîné une hausse des coûts des aides à domicile, essentielles pour le maintien à domicile.
Dans le même temps, des dispositifs comme le 100 % santé sont mis en place pour rendre certains équipements, tels que les appareils auditifs, plus accessibles.
Adapter son logement pour bien vieillir
Pour bien vieillir à domicile, il est crucial d’investir dans des aménagements adaptés. Les investissements anticipés permettent d’optimiser la qualité de vie au quotidien.
« Outre les dépenses récurrentes comme la mutuelle ou la livraison de repas, il faut prévoir des douches à l’italienne, des barres d’appui ou d’autres ajustements pour faciliter la vie quotidienne », souligne Benjamin Zimmer.
Dès 2024, l’État a lancé MaPrimeAdapt’, une aide destinée aux ménages modestes souhaitant effectuer des travaux d’adaptation de leur logement.
Anticiper pour éviter les urgences
Prendre des mesures proactives est essentiel pour économiser et éviter des coûts imprévus lors du maintien à domicile.
« Il faudrait davantage sensibiliser les familles, car beaucoup attendent une situation critique pour réagir », regrette Cécile Bréfuel, directrice marketing chez Stannah, spécialiste des monte-escaliers.
Selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la population de seniors en perte d’autonomie augmentera de 384 000 personnes supplémentaires d’ici 2030, soulignant l’importance d’anticiper ces défis.